
Une douleur au-dessus du talon dès les premiers pas du matin. Une raideur qui s’installe après chaque sortie de course. Ces signes évoquent souvent une tendinopathie d’Achille, plus connue sous le nom de tendinite d’Achille.
Cette atteinte du tendon touche une grande partie des sportifs. Mais elle concerne aussi des personnes qui ne pratiquent aucune activité intense.
Vincent Marcon, ostéopathe du sport à Paris 13, vous expliquera la pathologie. Vous découvrirez ainsi ses causes, les prises en charge existantes et l’apport concret de l’ostéopathie douce.
Le tendon d’Achille, à quoi sert-il ?
Le tendon d’Achille relie les muscles du mollet à l’os du talon. C’est d’ailleurs le tendon le plus solide du corps humain. Imaginez un câble tendu entre un moteur et une roue. Le muscle produit la force, le tendon la transmet à l’os. Sans lui, il serait donc impossible de se hisser sur la pointe des pieds.
Ce tendon travaille aussi comme un élastique. Il se tend à chaque appui, puis restitue cette énergie pour vous propulser. Ainsi, ce mécanisme vous fait économiser beaucoup d’effort à la marche comme à la course.
Les contraintes qu’il encaisse restent considérables. Par exemple, lors d’une simple foulée, il supporte plusieurs fois le poids du corps. Sur un marathon, cela représente des dizaines de milliers de sollicitations.
Tendinite ou tendinopathie : quelle différence ?
Le mot « tendinite » reste le plus employé. Il n’est pourtant plus tout à fait exact. En effet, le suffixe « -ite » désigne une inflammation.Or les recherches menées ces dernières années ont montré que dans la majorité des cas chroniques, l’inflammation reste absente ou très discrète.
On observe surtout une modification de la structure du tendon. Autrement dit, ses fibres perdent leur organisation régulière. Le tendon devient alors moins résistant aux contraintes.
Les professionnels de santé parlent donc désormais de tendinopathie d’Achille. Ce terme englobe l’ensemble des atteintes du tendon, avec ou sans inflammation. Par ailleurs, cette nuance change la prise en charge. Un tendon enflammé demanderait du repos et du froid. Un tendon désorganisé a besoin, au contraire, de sollicitations progressives et contrôlées.
Comment reconnaître une tendinopathie d’Achille ?
Les signes qui doivent alerter
Plusieurs symptômes reviennent très fréquemment :
- Une douleur au-dessus du talon, parfois décrite comme une brûlure ou un tiraillement
- Une raideur matinale qui s’estompe après quelques minutes de marche
- Moins de douleur à l’échauffement, puis un retour plus fort après l’effort
- Un épaississement du tendon, visible ou perceptible sous les doigts
- Une gêne à la montée des escaliers ou en marchant en pente
Le troisième point mérite attention. La douleur qui s’atténue pendant l’activité trompe beaucoup de sportifs. Alors ils poursuivent leur entraînement en pensant que tout va bien. Pourtant, le tendon continue de se dégrader.
Deux localisations possibles
La douleur ne se situe pas toujours au même endroit. On distingue deux formes principales :
- D’abord, la forme du corps du tendon se manifeste à trois ou six centimètres au-dessus du talon. C’est la plus fréquente chez le coureur.
- Ensuite, la forme d’insertion, appelée enthésopathie, se situe juste à la jonction avec l’os du talon. Elle demande une prise en charge plus délicate. Certains exercices habituellement conseillés doivent alors être adaptés.

Pourquoi cette douleur apparaît-elle ?
Chez le sportif
La cause la plus fréquente tient en une phrase. Le tendon a reçu plus de contraintes qu’il ne pouvait en encaisser.
Cela survient notamment dans plusieurs situations typiques :
- Une augmentation trop rapide du volume d’entraînement, avant une course par exemple
- Un changement de chaussures, surtout vers un modèle moins amorti
- Un changement de terrain, du bitume au sentier ou avec du dénivelé
- L’ajout de séances intensives comme le fractionné ou les côtes
- Une reprise après une longue pause, avec le niveau d’avant l’arrêt en tête
Le tendon s’adapte plus lentement que le muscle. Vos jambes se sentent alors capables d’encaisser davantage. Votre tendon, en revanche, réclame plusieurs mois pour se renforcer.
Les facteurs médicaux
Certaines situations fragilisent le tendon, indépendamment de l’activité physique.
Le diabète et les troubles thyroïdiens modifient la qualité des tissus. De plus les maladies inflammatoires chroniques, comme la spondylarthrite, touchent parfois les zones d’insertion des tendons.
Certains médicaments entrent aussi en cause. C’est le cas, par exemple, des antibiotiques de la famille des fluoroquinolones fragilisent les tendons. Les traitements prolongés par corticoïdes également.
Votre douleur apparaît sans raison mécanique évidente ? Parlez-en à votre médecin traitant.
Les prises en charge existantes
Il n’existe pas de protocole unique. La prise en charge dépend, en effet, du stade et de votre situation personnelle.
Quand la douleur reste récente
Le réflexe habituel consiste à tout arrêter. Ce n’est pourtant pas la meilleure option.
Le repos complet ne permet pas au tendon de guérir. A la reprise, vous retrouverez très vite les mêmes douleurs qu’avant l’arrêt.
L’approche actuelle privilégie l’adaptation de la charge. Concrètement, vous réduisez le volume et l’intensité sans tout stopper. La douleur sert alors de guide. Ainsi, un inconfort léger reste acceptable. En revanche, une douleur qui s’aggrave le lendemain indique que vous en avez trop fait.
Cette phase permet aussi d’identifier le déclencheur du problème. Sans cette étape, la douleur revient souvent quelques semaines plus tard.
Quand la douleur dure depuis plusieurs semaines
Le tendon a alors modifié sa structure. L’objectif devient donc de le reconstruire.
Le renforcement progressif constitue le traitement de référence. Il s’agit d’exercices ciblés, réalisés avec une charge croissante. Ce travail se conduit avec un kinésithérapeute.
Cette rééducation demande de la patience. Les premiers résultats apparaissent généralement après six à huit semaines. Le programme complet s’étale souvent sur trois à six mois.
C’est long, et c’est normal, car un tendon se régénère beaucoup plus lentement qu’un muscle.
L’apport de l’ostéopathie douce dans la tendinopathie d’Achille
La prise en charge des tendinopathies a beaucoup évolué ces dernières années. Vincent Marcon a suivi en décembre 2025 une formation consacrée aux tendinopathies du membre inférieur. Ces connaissances récentes nourrissent directement sa pratique au cabinet.
Pourquoi regarder au-delà du tendon
Le tendon d’Achille est rarement seul en cause. Il subit souvent les conséquences d’un déséquilibre situé ailleurs.
Prenons un exemple concret. Une cheville qui manque de mobilité après une ancienne entorse modifie votre façon de dérouler le pied. Le mollet compense. Par conséquent, le tendon encaisse des contraintes supplémentaires à chaque pas.
Plus haut, le même raisonnement s’applique. Une hanche raide, un bassin en tension ou une différence d’appui entre les deux jambes trop marqué modifient toute la chaîne. Le tendon devient alors le maillon qui cède.
C’est précisément ce que recherche Vincent Marcon lors de la consultation. C’est pourquoi le traitement ne se limite jamais à la zone douloureuse.
Le déroulement d’une séance
La séance commence par un temps d’échange. Vincent Marcon vous interroge sur l’apparition de la douleur, votre activité et vos antécédents. Ce moment permet aussi de vérifier que l’ostéopathie convient à votre situation.
Soyons clairs et honnêtes. L’ostéopathie douce ne reconstruit pas un tendon. Seul le renforcement progressif permet cette reconstruction.
En revanche, elle agit sur plusieurs plans utiles. Elle améliore la mobilité de la cheville et du pied. Egalement, elle réduit les tensions du mollet et de la chaîne postérieure. Enfin, elle diminue les contraintes que subit le tendon au quotidien.
De plus, elle aide aussi à repérer ce qui a favorisé l’apparition du problème. C’est souvent la clé pour éviter les récidives.
L’ostéopathie douce s’intègre donc dans une prise en charge globale. Elle complète le travail du kinésithérapeute et le suivi médical, sans jamais les remplacer.
Vient ensuite le traitement. Celui ci se base sur un toucher dit réceptif, c’est à dire que les mains se posent pour ressentir ce que les tensions du corps. Cela peut s’apparenter à une écoute corporelle qui est à la base du diagnostic. Le traitement ensuite cherche par des techniques douces à aider le corps a se libérer de ses tensions. Ici le traitement peut agir à plusieurs niveaux : musculo-articulaire, fascia, viscéral, crânien … Le but de ces manoeuvres est d’équilibrer, comme il se peut, les différentes parties du corps entre elles.
Ces techniques n’ont rien de brutal. Elles restent confortables, même sur une zone sensible. C’est tout l’intérêt de l’ostéopathie douce dans ce contexte.
Ce que l’ostéopathie douce apporte, et ce qu’elle ne remplace pas
Soyons clairs et honnêtes. L’ostéopathie douce ne reconstruit pas un tendon. Seul le renforcement progressif permet cette reconstruction.
En revanche, elle agit sur plusieurs plans utiles. Elle peut améliorer la mobilité de la cheville et du pied. Permettre de réduire les tensions du mollet et de la chaîne postérieure. En diminuant les contraintes que subit le tendon au quotidien par un travail global sur le corps. Elle aide aussi à repérer ce qui a favorisé l’apparition du problème. C’est souvent la clé pour éviter les récidives.
L’ostéopathie douce s’intègre donc dans une prise en charge globale. Elle complète le travail du kinésithérapeute et le suivi médical, sans jamais les remplacer.
Ce que vous pouvez mettre en place chez vous
- Adaptez plutôt que d’arrêter. Si les symptômes apparaissent et commencent à s’installer réduisez le volume. Supprimez les côtes et le fractionné. Remplacez une partie de vos sorties par des activités limitant l’appui sur le pied.
- Vérifiez vos chaussures. Un modèle avec un peu de hauteur, ou drop, au talon soulage temporairement le tendon. Évitez de changer de type de chaussure pendant la phase douloureuse.
- Ne négligez pas votre sommeil. Les tissus se régénèrent principalement la nuit. Un déficit de sommeil ralentit donc directement la récupération.
- Soignez votre alimentation et votre hydratation. Par exemple, un apport suffisant en protéines soutient la réparation des tissus.
- Reprenez progressivement. Augmentez votre volume d’environ dix pour cent par semaine, pas davantage.
En résumé
La tendinopathie d’Achille évolue bien lorsqu’on la prend au sérieux rapidement.
Trois éléments comptent réellement :
- Adapter la charge sans tout arrêter.
- Renforcer progressivement le tendon.
- Corriger ce qui, ailleurs dans le corps, augmente les contraintes sur cette zone.
C’est sur ce troisième point que l’ostéopathie douce apporte une contribution utile. En redonnant de la mobilité au corps et en diminuant ses tensions, elle allège le travail du tendon.
Vincent Marcon est joignable au 06.95.70.17.32 pour répondre à vos questions concernant sur son approche douce de l’ostéopathie réalisée à Paris 13. Il vous reçoit au 31 boulevard Arago, du lundi au vendredi.
Questions fréquentes
Dans beaucoup de cas, oui, à condition d’adapter. Une douleur légère pendant la course reste acceptable. Elle ne doit pas dépasser trois sur dix, ni s’aggraver le lendemain matin. Dans le cas contraire, réduisez encore le volume et/ou l’intensité.
Le froid soulage temporairement une douleur vive, sans agir sur le fond du problème. La chaleur convient souvent mieux avant l’activité, car elle assouplit le mollet. Fiez-vous à votre ressenti. Cela ne remplace évidemment pas le travail en rééducation.
La durée dépend beaucoup de l’ancienneté. Une atteinte récente et bien prise en charge évolue favorablement en quelques semaines. Une forme chronique, ou récidivante, demande souvent trois à six mois. La régularité compte davantage que l’intensité pour une bonne rééducation.
Non. Vincent Marcon emploie des techniques sans contraintes et ni craquement. Elles restent confortables, même sur une zone sensible. Vous pouvez signaler tout inconfort à tout moment de la séance.
Non, aucune ordonnance n’est nécessaire. Vous consultez directement. La plupart des mutuelles remboursent un certain nombre de séances chaque année, sur présentation d’une facture.